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Santé

Une mauvaise odeur dans le nez : sinusite, cacosmie ou trouble de l’odorat ?

Élise Monfort-Lagarde 7 min de lecture

Sentir une odeur désagréable dans le nez, parfois de moisi, de brûlé, de pus ou d’égout, est un symptôme déroutant. Il peut venir d’une cause locale, comme une rhinite ou une sinusite, mais aussi d’un trouble de l’odorat. L’enjeu est de repérer ce qui peut attendre, ce qui mérite une consultation et ce qu’il vaut mieux éviter de faire soi-même.

Comprendre ce que l’on sent vraiment

Une mauvaise odeur dans le nez n’a pas toujours la même origine. Elle peut être liée à des sécrétions infectées, à une inflammation des sinus, à un corps étranger ou à un problème dentaire proche des fosses nasales. Dans d’autres cas, l’odeur n’existe pas dans l’environnement, elle est perçue seulement par la personne concernée.

Comprendre l’odeur désagréable dans le nez

Cacosmie, parosmie, phantosmie : trois nuances utiles

La cacosmie correspond à la perception d’une odeur désagréable. Elle peut être objective, quand l’odeur provient réellement du nez ou des sinus, ou subjective, quand aucune source odorante évidente n’est retrouvée. La parosmie désigne une déformation des odeurs : un café, un parfum ou un aliment familier peut soudain sentir mauvais. La phantosmie décrit une odeur fantôme, par exemple une odeur de fumée ou de pourri alors que rien ne l’explique autour de soi.

Ces troubles peuvent s’accompagner d’une baisse de l’odorat, appelée hyposmie, ou d’une perte complète, appelée anosmie. Après une infection, une infection sur 400 peut être responsable d’une perte d’odorat. Près d’un tiers des patients récupèrent spontanément l’odorat après une infection, tandis que deux tiers nécessitent une rééducation olfactive.

Pourquoi ce symptôme inquiète autant

L’odorat est lié au goût, à l’appétit, à la sécurité et à la vie sociale. Une odeur persistante dans le nez peut donner l’impression d’être soi-même responsable du problème, pousser à éviter les repas, les transports ou les échanges rapprochés. Pourtant, ce symptôme n’est pas rare en ORL et il existe souvent une explication accessible à l’examen médical.

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Les causes les plus fréquentes, du nez aux sinus

La première piste est souvent ORL. Les fosses nasales, les sinus, la gorge et les dents sont proches les uns des autres : une inflammation localisée peut donc provoquer une odeur très nette, parfois d’un seul côté.

Tout savoir sur les troubles de l’odorat : causes et symptômes : Découvrez un guide complet pour comprendre le fonctionnement de l’odorat et identifier les causes des différents troubles olfactifs comme l’anosmie.

Sinusite, rhinite et sécrétions infectées

Une sinusite peut provoquer une odeur fétide, surtout lorsqu’elle s’accompagne d’un écoulement épais, jaune ou verdâtre, d’une douleur au visage, d’une pression autour des yeux ou d’une obstruction nasale. Une rhinite, allergique ou infectieuse, peut aussi modifier la perception des odeurs en irritant la muqueuse nasale et en augmentant la production de mucus.

Quand les sécrétions stagnent, elles donnent une impression d’odeur enfermée. Si la ventilation se bloque à cause d’un œdème, de polypes nasaux ou d’un mucus épais, l’air se renouvelle mal. Les sécrétions macèrent, la pression augmente et la perception olfactive devient anormale. Un lavage nasal bien réalisé, une hydratation suffisante ou le traitement de l’inflammation peuvent alors changer la sensation.

Corps étranger, polypes et causes dentaires

Chez l’enfant, une mauvaise odeur d’un seul côté du nez doit faire penser à un corps étranger, surtout s’il existe un écoulement purulent unilatéral. Chez l’adulte, des polypes nasaux, une déviation gênante, une croûte chronique ou une infection d’origine dentaire peuvent aussi être en cause. Une douleur dentaire, une mauvaise haleine récente ou une gêne au niveau d’une molaire supérieure sont des indices à signaler.

Causes plus rares à ne pas écarter

Plus rarement, une mauvaise odeur dans le nez peut être liée à une sinusite fongique, notamment une aspergillose, à une dysthyroïdie, à un diabète déséquilibré, à un trouble neurologique ou à une tumeur des fosses nasales ou intracrânienne. Ces causes sont moins fréquentes, mais elles justifient de ne pas banaliser un symptôme persistant, surtout s’il apparaît brutalement, s’aggrave ou s’accompagne d’autres signes.

Quand consulter rapidement et quels signes surveiller

Une odeur désagréable isolée pendant un rhume récent n’impose pas toujours une urgence. En revanche, certains signes doivent conduire à demander un avis médical sans attendre, notamment auprès d’un médecin généraliste ou d’un ORL.

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Situation Ce que cela peut évoquer Action conseillée
Odeur persistante plus de quelques jours avec douleur faciale Sinusite ou infection ORL Consulter pour examen et traitement adapté
Écoulement purulent d’un seul côté, surtout chez l’enfant Corps étranger ou infection localisée Consulter rapidement, sans tenter d’extraction profonde
Fièvre élevée, gonflement autour de l’œil, maux de tête intenses Complication infectieuse possible Avis médical urgent
Perte d’odorat brutale ou odeurs fantômes persistantes Trouble olfactif post-infectieux ou neurologique Consultation médicale, surtout si cela dure
Saignements répétés, obstruction d’un seul côté, amaigrissement Lésion locale à explorer Consultation ORL prioritaire

Il faut aussi consulter si la mauvaise odeur altère fortement l’alimentation, le sommeil ou la vie sociale. Le retentissement quotidien est un motif légitime de prise en charge, même lorsque les examens sont rassurants.

Comment le médecin cherche la cause

Le diagnostic commence par quelques questions simples : depuis quand l’odeur est-elle présente, est-elle constante ou intermittente, concerne-t-elle une narine, existe-t-il une perte d’odorat, une infection récente, des allergies, des soins dentaires ou un traumatisme ? Ces éléments orientent déjà fortement l’examen.

L’examen du nez et des fosses nasales

Le médecin peut examiner l’intérieur du nez par rhinoscopie. L’ORL dispose aussi de l’endoscopie nasale, qui permet de visualiser plus précisément les fosses nasales, les zones de drainage des sinus, la présence de polypes, de croûtes, de sécrétions ou d’un corps étranger. Cet examen est souvent rapide et apporte des informations très concrètes.

Selon le contexte, d’autres examens peuvent être proposés : imagerie des sinus, bilan dentaire, prélèvement en cas d’infection particulière, tests de l’odorat ou bilan sanguin si une cause générale est suspectée. L’objectif n’est pas de multiplier les examens, mais de relier le symptôme à une cause traitable.

Ce qu’il vaut mieux éviter avant la consultation

Il est déconseillé d’introduire un coton-tige, une pince ou un objet dans le nez pour le nettoyer en profondeur, surtout chez un enfant. Il vaut aussi mieux éviter l’automédication prolongée avec des sprays décongestionnants, qui peuvent irriter la muqueuse lorsqu’ils sont mal utilisés. Les huiles essentielles directement dans le nez sont également à éviter, car elles peuvent agresser une muqueuse déjà inflammée.

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Traitements et gestes utiles au quotidien

Le traitement dépend toujours de la cause. Une sinusite bactérienne, une rhinite allergique, un polype, un corps étranger ou une parosmie post-infectieuse ne se prennent pas en charge de la même manière. C’est pour cela qu’un symptôme persistant mérite un diagnostic plutôt qu’une solution unique.

Les solutions médicales possibles

En cas d’infection, le médecin peut proposer un traitement local ou général adapté. Un corps étranger doit être retiré dans de bonnes conditions. Des polypes ou une anomalie anatomique peuvent nécessiter un traitement anti-inflammatoire, un suivi ORL ou parfois une chirurgie. Pour certains troubles olfactifs persistants, la rééducation olfactive consiste à réentraîner progressivement le nez avec des odeurs répétées et identifiables, sur une durée suffisante.

Les bons réflexes pour soulager sans aggraver

  • Réaliser des lavages de nez au sérum physiologique ou avec une solution adaptée, sans pression excessive.
  • Boire suffisamment pour fluidifier les sécrétions.
  • Aérer les pièces et limiter les irritants comme le tabac, les parfums forts ou les produits ménagers agressifs.
  • Noter les moments où l’odeur apparaît : au réveil, après les repas, pendant un rhume, dans une seule narine.
  • Surveiller les symptômes associés : douleur, fièvre, écoulement, obstruction, perte d’odorat.

Si l’odeur persiste malgré ces mesures, revient régulièrement ou s’accompagne de signes inhabituels, le plus utile est de consulter. Dans la majorité des cas, l’examen permet soit d’identifier une cause ORL traitable, soit de rassurer et d’organiser une prise en charge progressive du trouble de l’odorat.

Élise Monfort-Lagarde
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